dimanche 26 mars 2017

"Bergson postcolonial"

MAJ de la page : Bergson / Souleymane Bachir Diagne



Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
"Bergson postcolonial" par Souleymane Bachir Diagne : professeur de langue française à Columbia University, spécialiste de l'histoire des sciences et de la philosophie islamique
A propos de : Bergson Postcolonial, Ed. CNRS, 2014

Le grand retour de Bergson, a l'orée du XXIe siècle, s'est accompagné d'un regain d'intérêt pour son influence en dehors de France, et jusqu'en Inde et en Afrique, comme en témoignent deux figures majeures de la lutte anticoloniale, le musulman Mohamed Iqbal et le catholique Léopold Sedar Senghor. A la fois poètes, penseurs et hommes d'Etat, tous deux ont joué un rôle intellectuel et politique essentiel dans l'indépendance de leur pays, et trouve dans le bergsonisme de quoi soutenir leur philosophie : celle d'une reconstruction de la penser religieuse de l'islam pour le premier, d'une désaliénation du devenir africain pour le second. Dans cet essai qui cerne au plus près le rayonnement international du philosophe, Souleymane Bachir Diagne décrit la rencontre et le devenir des notions bergsoniennes de vie, d'élan, de nouveauté, de durée ou d'intuition dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal. Une contribution majeure au renouveau des études bergsoniennes.
Quatrième de couverture
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L'école des bois







Les Pieds sur terre par Sonia Kronlund
Des citoyens qui changent le monde
(1) : L'eau et le sentier côtier
(2) La vigne et Superphénix
(3) Mauricio, lanceur d'alerte à l'abattoir de Limoges
(4) L'orchidée et les autoroutes
(5) L'école des bois (22 mars 2017)

  

La disparition des espèces ou la lutte des banquiers contre les libertés publiques

La disparition des espèces ou la lutte des banquiers contre les libertés publiques
Par Valérie Bugault et Jean Rémy, le 17 mars 2017 - Le Saker francophone



1. La lutte contre le terrorisme, argument fallacieux pour faire disparaître les espèces

Un récent document de la Commission européenne propose d’unifier au niveau européen la législation tendant à réduire, puis supprimer les possibilités de paiement en espèces. Cette proposition émanant de la Commission européenne est parée des bonnes intentions de la lutte contre le blanchiment d’argent et, par voie de conséquence, contre le financement du terrorisme. Nous allons voir que la justification annoncée est parfaitement fallacieuse et cache d’autres intentions, beaucoup moins avouables, des principaux propriétaires de capitaux. Cette analyse fait écho à celle, plus générale, que nous avions faites des entreprises bancaires.

2. Contexte dans lequel la proposition de la Commission européenne s’inscrit

Ce texte est une copie quasi conforme des réglementations coercitives issues du Patriot Act de Georges Bush, qui ont donné le signal d’une importante réduction des libertés publiques, plus précisément des libertés fondamentales, pour les citoyens américains. La déclinaison européenne du Patriot Act s’est faite progressivement depuis le 11 septembre 2001. Les banques américaines et européennes ont ainsi été amenées à recruter des cohortes de nouveaux employés dotés de pouvoirs exorbitants : ils sont chargés, au sein de nouveaux départements appelés « contrôle permanent » et « conformité« , de profiler les clients et leurs opérations afin de les contrôler au moyen de systèmes informatiques experts. Ce nouveau type de personnel, improductif (« bullshit job » dénoncé par Jean-François Zobrist, précurseur de « l’entreprise libérée »), a été chargé de missions de délation et de contrôle des personnes ; il s’élève, rien qu’en France, à plusieurs dizaines de milliers de personnes, soit environ un tiers des effectifs de la gendarmerie nationale !

Pour couronner le tout, la « fonction conformité » (Compliance functions) a été instituée en France en 2012. Son rôle est de veiller à réduire au maximum les risques de non-conformité, c’est-à-dire les risques de sanctions encourues pour non-respect de dispositions propres aux activités financières et bancaires, en matière législative ou réglementaire (fiscalité incluse). Il s’agit notamment de mettre la pression pour que le contrôle permanent des personnes soit irréprochable et efficace dans tous les établissements.

La France est parmi les pays d’Europe et du monde les plus impliqués dans les réglementations bancaires coercitives, mais rappelons qu’en Europe, au-delà de l’échelon national, se trouvent les institutions de l’Union Européenne. Il faut ici rappeler ce qui est trop peu souvent expliqué au public : à savoir que les institutions européennes organisent, via les Traités européens (TUE et TFUE issus du Traité de Lisbonne, version à peine édulcorée de la Constitution européenne rejetée par le peuple français), la souveraineté commerciale des multinationales ; au travers de cette souveraineté commerciale, il s’agit en réalité de la souveraineté des principaux détenteurs de capitaux, au premier rang desquels se trouvent justement les principaux propriétaires des grandes banques systémiques. Les Traités européens, bâtis autour de la question du commerce, utilisent le terme de « Parlement » de façon fallacieuse, pour laisser entendre aux ressortissants européens que ces institutions sont, comme les anciennes institutions nationales, organisées autour du principe de démocratie représentative. Or, il n’en est rien. D’une part, le prétendu Parlement européen n’a aucune légitimité politique, puisqu’il ne représente aucun peuple homogène doté d’une même histoire politique, d’une même culture sociale, d’une même langue et, plus généralement d’un même mode de vie. D’autre part, ce Parle-ment ne dispose pas de l’initiative des lois, qui appartient exclusivement à la Commission. Par ailleurs, les institutions qui ont le plus de poids dans la création des « lois » européennes (droit dérivé) sont incontestablement les lobbies, avec une moyenne de trente lobbyistes par « décideur » (parlementaires, commissaires) ; chaque immeuble, dans un rayon d’un kilomètre autour de la Commission, du Conseil et du Parle-ment européen est occupé par les « grands noms du monde des affaires ».

samedi 25 mars 2017

Réflexions philosophiques sur la punition






Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
La punition (20-23 mars 2017)
(1/4) : Peut-on philosopher en prison ?
Avec Alain Guyard : Ecrivain et philosophe vagabond
(2/4) Portraits de la honte en littérature
Avec Jean-Pierre Martin : écrivain, essayiste, membre honoraire de l’Institut universitaire de France, et professeur émérite de littérature à l’université Lyon 2
(3/4) Je souffre donc je jouis
Avec Elisabeth Roudinesco : historienne de la psychanalyse, chercheur associé au département d’histoire de Paris VII. Collaboratrice du Monde des Livres.
(4/4) Beccaria, Des délits et des peines
Avec Philippe Audegean : professeur de philosophie à l'université de Nice

Soumise au néolibéralisme, l'Europe est fondamentalement anti-démocratique

MAJ de la page : Frédéric Lordon



La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert
Frédéric Lordon, la concurrence des souverainistes (24.03.2017)

"[Définition de la] souveraineté : effort d'une communauté pour se rendre consciente et maîtresse de son destin (...) définie ainsi cette souveraineté s'assimile en totalité au concept de démocratie, si bien que se déclarer anti-souverainiste ou anti-souveraineté c'est s'avouer anti-démocrate.

La question préalable à toute autre question de politique économique est la question européenne (...) et plus généralement la question des configurations de la structure macroéconomique (...)
Il est vrai que "il n'y a pas d'alternative" [Margaret Tatcher] dans le cadre des structures telles qu'elles ont été établies présentement et que pour reconstituer des alternatives il faut impérativement modifier les structures du cadre [néolibéral] (...) 
Le néolibéralisme (...) consiste en trois choses : 
1) la financiarisation internationale
2) le libre échange international
3) un certain type de politique économique - dont l'Union européenne donne l'expression quasiment pure et parfaite - (...) que l'on résume par les termes : ajustement structurel, privatisation, orthodoxie budgétaire [austérité], etc. 
Tant que vous n'avez pas modifié ces choses là vous êtes voué à agir [dans le domaine économique] sur le deuxième chiffre après la virgule. 

[Sur Emmanuel Macron] :
Emmanuel Macron est un candidat sans base sociale réelle, sous stéroïdes médiatiques (...) On marche sur la tête [en ce qui concerne les ralliements tout azimut] ou alors, ce qui est mon hypothèse, il y a une escroquerie de très grand format qui est dans le tuyau."

* * *

Discours de Pierre Mendès-France contre le traité de Rome le 18 janvier 1957
le 25 mars 2017 - Les Crises

Extraits [texte intégrale en bas de page] :

« Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. Dix crises graves, tant de souffrances endurées, les faillites et le chômage périodique nous ont montré le caractère de cette théorie classique de résignation. […] Dans le cas d’une crise économique, il se produira une baisse des salaires allemands, un dumping de l’industrie allemande contre la nôtre. […] L’harmonisation doit se faire dans le sens du progrès social, dans le sens du relèvement parallèle des avantages sociaux et non pas, comme les gouvernements français le redoutent depuis si longtemps, au profit des pays les plus conservateurs et au détriment des pays socialement les plus avancés.

En fait, ne nous ne le dissimulons pas, nos partenaires veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à consister, coûte que coûte, à ne pas construire l’Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière et, par contrecoup, au détriment des autres classes sociales qui vivent du pouvoir d’achat ouvrier. Il faut faire l’Europe dans l’expansion et dans le progrès social et non pas contre l’une et l’autre.

Si nos charges sont trop lourdes, comme il est certain, si notre balance des payements en est altérée, on nous invitera à dévaluer le franc, une ou plusieurs fois, autant qu’il le faudra, pour rétablir l’équilibre, en réduisant chez nous le niveau de vie et les salaires réels. […] Alors, la dévaluation ne sera plus une décision souveraine, nationale ; elle nous sera imposée du dehors, comme pour freiner nos initiatives sociales, jugées trop généreuses.

Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Il est évident que le mouvement naturel des capitaux, surtout des capitaux privés, sera orienté vers les pays à faibles charges, c’est-à-dire vers les pays où la politique sociale est la moins coûteuse. Les capitaux ont tendance à quitter les pays socialisants et leur départ exerce une pression dans le sens de l’abandon d’une politique sociale avancée.

Il m’est arrivé souvent de recommander plus de rigueur dans notre gestion économique. Mais je ne suis pas résigné à en faire juge un aréopage européen dans lequel règne un esprit qui est loin d’être le nôtre. Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller de notre liberté de décision dans des matières qui touchent d’aussi près notre conception même du progrès et de la justice sociale ; les suites peuvent en être trop graves du point de vue social comme du point de vue politique. Prenons-y bien garde aussi : le mécanisme une fois mis en marche, nous ne pourrons plus l’arrêter […] car ensuite, les décisions seront prises à la majorité.

L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

Etienne Chouard parle de démocratie

MAJ de la page : Etienne Chouard



Etienne Chouard répond aux questions des internautes (Cercle des Volontaires, mars 2017)



Etienne Chouard, Procès du processus électif représentatif (Paris, décembre 2016)
 

  
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